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Michel Bertrand : “L’amour premier de Dieu précède la quête humaine”

Posté le 7 septembre 2008 | Théo

Ils forment en quelque sorte notre “comité de parrainage théologique” et ont accepté de nourrir notre réflexion sur le thème du Grand Kiff. Onze théologiens prennent la parole sur ce blog…

Ce message de l’amour premier de Dieu est au cœur de la théologie protestante issue de la Réforme du 16ème siècle. Il est le “centre ensoleillé”, disait Luther, à partir duquel chaque croyant lit la Bible, témoigne de l’Evangile, vit en Eglise, s’engage dans le monde, comprend sa vie devant les autres et devant Dieu. Je trouve donc particulièrement pertinent qu’il ait été choisi comme thème du rassemblement national jeunesse et décliné sous les trois modalités proposées.

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Antoine Nouis : “L’amour de Dieu n’est pas une idée, c’est un acte”

Posté le 30 août 2008 | Théo

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Avant de répondre aux trois questions, un commentaire sur l’expression Dieu aime le monde.
Soit une autre affirmation : j’aime le poulet. Lorsque je dis que j’aime le poulet, j’aime le manger, j’aime que le poulet soit tué pour qu’il arrive dans mon assiette. Quand je prétends aimer le poulet, ce n’est pas le poulet que j’aime - si je l’aimais, je le laisserai vivre - la seule personne que j’aime, c’est moi.

Lorsque Dieu aime le monde, il se situe sur un autre registre puisqu’il n’aime pas le monde pour le manger, il l’a aimé en donnant son fils unique pour que nous vivions. L’amour de Dieu n’est pas de l’ordre de la consommation mais du don. C’est un amour qui est entièrement consacré à la vie, à la croissance, de celui qui est aimé. C’est à partir de cette compréhension que nous pouvons répondre aux questions.
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Laurent Gagnebin : Dieu aime le monde (#3)

Posté le 23 août 2008 | Théo

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Le Monde est à nous

Oui, le monde est à nous, pour nous y inscrire dans une lutte sans relâche pour l’humanisation, en Dieu, de l’Homme. Cela dit, nos choix, nos actions et nos engagements ne sont pas en la seule faveur des êtres humains. Tout ce qui a été écrit dans les deux parties précédentes porte la marque d’un exclusivisme réduisant notre monde à sa dimension humaine. Un tel propos est aujourd’hui insoutenable, impossible et impensable. Le monde, c’est l’univers entier avec ses dimensions minérale, végétale et animale. Nous le savons bien et, en même temps, nous ne le savons pas, ou pas assez. S’engager pour notre monde, c’est mener un combat écologique. La fraternité choisie, c’est une solidarité cosmique assumée. Théodore Monod aimait à citer le poète Francis Thompson qui avait écrit : “Celui qui cueille une fleur dérange une étoile”. Il y a une solidarité de fait du cosmos ; il s’agit pour nous de la respecter (le respect de la vie, disait Albert Schweitzer), assurément, mais surtout de la retrouver, de la restaurer, de la ressusciter. La solidarité entre les êtres vivants n’est pas qu’un état, elle est un combat. C’est là que notre liberté correspond à des engagements. “Au contact de la nature, nous découvrons la solidarité qui nous lie au reste des êtres vivants et par conséquent la responsabilité que nous avons envers eux”, déclare Théodore Monod dans ses entretiens avec Sylvain Estibal (Terre et ciel, 1999).

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Laurent Gagnebin : Dieu aime le monde (#2)

Posté le 16 août 2008 | Théo

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Vis ta vie !

Cette relation de Dieu à l’homme et de l’homme à Dieu s’épanouit dans une autre relation qui, à travers l’amour, lie les êtres humains entre eux. C’est la raison pour laquelle il est possible de dire que l’un des mots les plus importants de la Bible est “avec”, qui exprime par excellence la grâce et ses rencontres, l’être humain et ses fraternités. Il est assez remarquable de constater que, d’après l’évangile de Matthieu (1,23), le surnom d’Emmanuel a été donné à Jésus, ce qui signifie précisément “Dieu avec nous”. Dans les pages de conclusion du Traité de la liberté chrétienne, Luther écrit ces lignes magnifiques avec lesquelles il montre bien que la foi et la charité, comprises chacune à travers une relation, définissent le chrétien dans une sorte de bondissement hors de lui-même : “Le chrétien ne vit pas en lui-même ; il vit en Christ et en son prochain ; hors de là, il n’est pas chrétien. Il vit en Christ par la foi et en son prochain par l’amour.” Dans ce sens-là, on voit que Dieu et l’être humain ne sont pas à comprendre à travers une essence immuable, une nature figée, mais dans ce mouvement qu’expriment la foi et l’amour.
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Laurent Gagnebin : Dieu aime le monde (#1)

Posté le 9 août 2008 | Théo

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Il te cherche

L’histoire des religions, qui, à bien des égards, se confond avec celle de l’humanité, nous montre l’être humain et sa quête de Dieu. Dans le cadre de cette recherche infinie, spirituelle et religieuse, le christianisme apporte, avec l’Évangile, une proposition toute nouvelle et inattendue. Là où l’on dit habituellement que Dieu reste à jamais inaccessible et ineffable, se dérobant toujours à nouveau à notre rencontre, nous affirmons au contraire que le véritable chercheur, ce n’est pas l’être humain, mais Dieu qui nous poursuit dans la quête inlassable de son amour, et que le véritable inaccessible, ce n’est pas Dieu, mais l’homme qui se dérobe à son amour et à sa volonté.

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Marcel Manoël : “Dieu a tant aimé ce monde…!”

Posté le 2 août 2008 | Théo

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“Dieu a tant aimé ce monde…!” Affirmation pieusement répétée… ou scandale bouleversant de l’Évangile ?
Dieu a-t-il vraiment aimé le monde ? Dans l’évangile de Jean, le “monde” c’est l’horreur ! C’est les ténèbres impénétrables à la lumière, la création qui refuse son créateur… Si au moins Dieu avait aimé les gens bien, ou les méritants, ou même les virtualités positives de ce monde, ce serait un sentiment compréhensible ! Mais il ne s’agit pas de cela : il s’agit de ce que la Croix du Christ révèle : à la fois le fossé du rejet de Dieu - un fossé de mort - et la radicalité absolue de son amour - une résurrection.

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Jean-Daniel Causse : “Le courage d’être et d’agir”

Posté le 27 juillet 2008 | Théo

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Il te cherche

En son mouvement premier, croire est une réalité profondément humaine qui consiste à accorder sa confiance à quelqu’un, lui faire crédit, se fier à sa parole. Ainsi, croire concerne avant tout le lien ou la relation entre deux personnes. C’est pourquoi, cela nous fait souffrir lorsque nous vivons une trahison de la confiance que nous avions placée en l’autre. Lorsqu’il s’agit de la foi chrétienne, nous pensons spontanément que croire consiste à tenir pour vrai des choses au sujet de Dieu ou de Jésus-Christ. Croire prendrait la forme suivante : “je crois que”. Or, dans les Évangiles, ce que Jésus appelle la foi ne consiste pas à croire quelque chose, c’est-à-dire à adhérer à un système de vérités révélées ou à un enseignement doctrinal, mais à rencontrer quelqu’un. Elle est d’abord un “je crois en”, même si ce croire doit ensuite trouver un langage pour s’exprimer. La foi est une rencontre avec quelqu’un qui a un impact décisif sur la façon de comprendre et d’orienter sa propre vie.

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André Gounelle : “Dieu a tant aimé le monde…”

Posté le 20 juillet 2008 | Théo

Ils forment en quelque sorte notre “comité de parrainage théologique” et ont accepté de nourrir notre réflexion sur le thème du Grand Kiff. Onze théologiens prennent la parole sur ce blog…

Pour beaucoup de courants religieux de l’Antiquité, la divinité soit ne s’intéresse pas au monde, ne s’en occupe pas ni ne s’en soucie, soit le déteste, l’a en horreur et le combat. Le monde lui est étranger ou odieux. Le croyant est invité à s’en couper le plus possible, à se réfugier dans sa vie intérieure, à attendre que la mort, en le délivrant des réalités terrestres et corporelles, le fasse entrer dans les sphères célestes.

Au contraire, la Bible proclame que Dieu “aime le monde”. Qu’il l’aime implique, d’abord, que le monde est différent de lui ; on aime un autre ; le véritable amour respecte la différence, il laisse l’autre être autre. Aimer veut dire, ensuite, que cette différence ne sépare pas, n’isole pas, n’oppose pas, mais, au contraire permet de se rencontrer et cheminer ensemble ; on est, on vit avec l’autre. Aimer signifie, enfin, qu’on a besoin de l’autre, de ce qu’il nous apporte ; on accepte de dépendre de lui ; quand on vient en aide à quelqu’un sans rien attendre ni recevoir de lui, on éprouve peut-être de la compassion, mais pas vraiment de l’amour. L’amour ainsi défini n’est pas seulement un sentiment, il est tout autant un comportement. L’amour de Dieu se manifeste en ce qu’il donne (il donne son “Fils Unique”, autrement dit ce qui lui est essentiel, pas seulement du superflu) et qu’il nous appelle à entrer, en croyant en lui, dans une existence non pas amoindrie, brimée, gâchée et perdue, mais riche et authentique (ce que le Nouveau Testament appelle “la vie éternelle”).

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