Ils forment en quelque sorte notre “comité de parrainage théologique” et ont accepté de nourrir notre réflexion sur le thème du Grand Kiff. Onze théologiens prennent la parole sur ce blog…
Pour beaucoup de courants religieux de l’Antiquité, la divinité soit ne s’intéresse pas au monde, ne s’en occupe pas ni ne s’en soucie, soit le déteste, l’a en horreur et le combat. Le monde lui est étranger ou odieux. Le croyant est invité à s’en couper le plus possible, à se réfugier dans sa vie intérieure, à attendre que la mort, en le délivrant des réalités terrestres et corporelles, le fasse entrer dans les sphères célestes.
Au contraire, la Bible proclame que Dieu “aime le monde”. Qu’il l’aime implique, d’abord, que le monde est différent de lui ; on aime un autre ; le véritable amour respecte la différence, il laisse l’autre être autre. Aimer veut dire, ensuite, que cette différence ne sépare pas, n’isole pas, n’oppose pas, mais, au contraire permet de se rencontrer et cheminer ensemble ; on est, on vit avec l’autre. Aimer signifie, enfin, qu’on a besoin de l’autre, de ce qu’il nous apporte ; on accepte de dépendre de lui ; quand on vient en aide à quelqu’un sans rien attendre ni recevoir de lui, on éprouve peut-être de la compassion, mais pas vraiment de l’amour. L’amour ainsi défini n’est pas seulement un sentiment, il est tout autant un comportement. L’amour de Dieu se manifeste en ce qu’il donne (il donne son “Fils Unique”, autrement dit ce qui lui est essentiel, pas seulement du superflu) et qu’il nous appelle à entrer, en croyant en lui, dans une existence non pas amoindrie, brimée, gâchée et perdue, mais riche et authentique (ce que le Nouveau Testament appelle “la vie éternelle”).
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